Le système économique mondial a engendré de nombreuses crises financières, économiques, sociales et environnementales, avec leurs répercussions négatives sur le chômage, la pauvreté et l'épuisement des ressources naturelles, ce qui a conduit les gouvernements ainsi que les organisations régionales et internationales à reconsidérer les systèmes en place et à appeler à la transition vers l'économie verte, que le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) définit comme : « une économie qui améliore le bien-être humain et l'équité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et les atteintes écologiques. Elle se caractérise par sa faible émission de carbone, son utilisation efficace des ressources et son inclusion sociale »,
En s'appuyant sur l'économie actuelle, à savoir l'économie qui repose sur les combustibles fossiles et leurs dérivés dans la production, de nombreux pays récoltent les conséquences d'une approche non durable qui a conduit à l'épuisement des ressources et à l'apparition d'injustices, d'inégalités et de marginalisation sociale. Avec l'accroissement des pressions sur l'environnement en raison des différents engagements et activités au service de cette économie, le concept d'économie verte a commencé à émerger ; il signifie la réalisation de la croissance et du développement durable sans porter atteinte à l'écosystème, ainsi que la fourniture d'aides et de subventions aux pays pauvres afin de promouvoir l'éducation, la santé et les infrastructures, réalisant ainsi la justice et l'équité dans le développement.
De nombreux facteurs doivent être réunis pour faciliter la transition vers l'économie verte : pour créer un environnement propice à cette transition, il faut réajuster les lois, les politiques, les aides et les incitations nationales actuelles, en plus de mettre en place des marchés et des infrastructures législatives internationales ainsi que des lois et des protocoles particuliers de commerce et d'aide. Et pour opérer la transition vers l'économie verte, il est indispensable de mettre en œuvre des programmes de soutien et de renforcement des capacités qu'exigent les emplois issus de ce type d'économies.
La transition ou le passage à l'économie verte n'est pas une décision imposée d'en haut, mais un processus long et ardu, un effort intense de toutes les parties, du sommet à la base, à travers lequel le concept d'économie verte est intégré dans les politiques et les législations nationales, les infrastructures sont développées, et il est également intégré dans les programmes éducatifs, en plus de la formation et des plans de sensibilisation et d'éducation. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de réaliser un partenariat entre les secteurs public et privé et de coopérer avec la société civile.
Les programmes de développement des compétences revêtent une grande importance pour faciliter le processus de transition vers l'économie verte, d'autant plus que les études et l'expérience ont démontré l'existence d'un écart en matière d'offre et de demande de compétences vertes sur le marché du travail, ce qui est de nature à entraver ce processus de transition. Nous mentionnons en particulier ici les différentes compétences dans la technologie des énergies renouvelables ainsi que les différents métiers de la gestion des ressources qui relèvent de nombreux secteurs, parmi les plus notables l'architecture verte, la planification urbaine, le transport durable, la gestion et le recyclage des déchets, l'agriculture durable, le transport, le tourisme, les loisirs et les activités de financement.
À travers cette activité, l'Organisation s'efforce de contribuer à la valorisation des emplois verts, que l'Organisation internationale du Travail définit comme « un travail décent susceptible d'atténuer l'impact des activités des entreprises et des secteurs économiques sur l'environnement et de le ramener à des niveaux durables, ou encore un travail comprenant des emplois qui préservent l'environnement et le réhabilitent, et qui établit une économie exempte de carbone visant à éviter la production de toutes les formes de déchets et de pollution en général ».